Mercredi
1er décembre 2004
Intolérable
Fracture Numérique
720 millions d’internautes dans le monde,
et moi, et moi. Certains doivent chanter cette
chanson en se levant le matin, voyant que rien n’a
changé depuis la veille. Pour beaucoup, Internet
n’est toujours qu’un mot qu’ils ont
souvent entendu ou vu dans les médias, rien de
plus.
Si
vous habitez Dakar et que vous avez accès au
réseau des réseaux, vous faites
parti des heureux élus qui représentent
3% des Internautes Mondiaux vivant en Afrique et au
Moyen Orient. Si vous avez accès à
Internet en Amérique latine, qui accueil 6% des
Internautes dans le monde, il y a de forte chance
que vous vous occupiez d’un cybercafé à
destination des touristes plutôt que
d’avoir Internet chez vous.
Le
gâteau Internet se partage entre l’Asie
(33% des Internautes), l’Europe (31%) et l’Amérique
du Nord (27%). Les autres parties du monde ne ramassent
que les miettes. Cette fracture géographique
Nord/Sud se retrouve également étrangement
à l’intérieur des Etats-Unis. Les
Etats du Nord étant très bien équipés
et les états du sud à la traîne.
Les
Français sont plutôt bien lotis.
Ainsi France Télécom s’engage à
développer le haut débit et couvrir 90%
de la population d’ici fin 2004. Certes la France
ne semble pas échapper aux fractures qui sont
communs à tous les pays : milieu urbain/rural,
jeune/vieux, pauvre/riche. Mais au global, le pays fier
inventeur du Minitel ne s’en sort pas mal du tout.
Il commence même à apparaître comme
un pays leader en la matière, une première.
La
fracture numérique est une injustice.
Au même titre que les autres libertés,
celle de l’accès à l’information
est aujourd’hui fondamentale. Or Internet est
l’outil d’accès à l’information
par excellence. Une information riche, universelle et
mise à jour de manière instantanée.
Un
élève, étudiant ou chercheur ne
pourra clairement pas faire le même travail avec
ou sans Internet. Ne parlons pas des secteurs de la
médecine, des médias ou encore de la politique…
Internet est même devenu un outil majeur
du développement des démocraties.
Pour s’en convaincre, il suffit de voir comment
les pays totalitaires le censurent.
Quant
au développement économique, un
pays sans un Internet devient obsolète.
La grande toile favorise les échanges commerciaux,
l’organisation interne des entreprises, la gestion
client et la consommation. Même la publicité
y trouve son compte, en gagnant en impact dans ses campagnes.
Un
pays non équipé ou mal équipé
vit un véritable handicap, d’autant
plus s’il fait déjà parti des exclus
de la croissance mondiale.
Mais
le plus révoltant est peut-être le pauvre
noir américain qui n’a pas les mêmes
droits à l’information que le riche blanc.
Caricature ? Si seulement c’était le cas…
(cf notre article). L’idée
qu’au sein d’un même pays dit "riche",
la fracture numérique soit ethnico-sociale est
insupportable.
C’est
la cristallisation de l’intolérable injustice,
pur produit de ce que certains appellent la mondialisation.
L’ultralibéralisme ne fait décidément
pas bon ménage avec l’égalité
des peuples… mais faut-il encore le démontrer
?
Tous
les éditos
|