Mardi
1er février 2005
Musique
: Internet mon avenir
Ce n’est pas une grande surprise
: le sujet chaud de la nouvelle année
est celui de la musique en ligne. De là
à imaginer que le Midem 2005 ne soit consacré
qu’à ce sujet… Car cette manifestation
annuelle a dors et déjà donné le
"La".
La
grand-messe internationale des professionnels
de la musique s’est déroulée
du 23 au 27 janvier 2005 à Cannes. A cette occasion
l’IFPI exultait
littéralement, promettant la poursuite de la
répression sur le téléchargement
illégale, et prédisant un avenir radieux
pour les solutions légales.
Pourtant
les ventes de musique téléchargée
n’ont représenté que 0,9 % du chiffre
d’affaires mondial de ce secteur. Rappelons
également que la chute des ventes de singles
enregistrée en 2004 fut de 21,4 % en volume et
de 31,6 % en valeur !
De
plus, lorsqu’on sait qu’Apple, le leader
en la matière, fait tout son bénéfice
avec l’iPod et certainement pas avec iTunes…
On imagine mal les maisons de disques et les
distributeurs se relever avec le modèle actuel
de la vente de musique en ligne. En effet,
avec le "prix magique" de 0,99 euro imposé
par Apple, les plates-formes de musique en ligne françaises
ne réalisent qu'une marge brute de 0,01 €
par titre de musique vendu.
L’autre
difficulté que rencontre ce modèle économique,
est celui des catalogues des plateformes légales
qui semblent bien trop limités.
La
campagne de publicité précédent
le Midem était très significative à
cet égard : "Téléchargez
nous légalement"... alors que Zazie,
qui s’affichait en 4 par 3 sur cette même
publicité, ne voyait pas son dernier album, "Rodéo",
apparaître dans les catalogues de téléchargement
légaux. Cela pose un véritable soucis
en terme de crédibilité.
En
prenant un peu de distance, l’acharnement
actuel avec lequel l’industrie du disque veut
prendre possession de la technologie Peer to Peer fait
tout de même rêver. Lorsqu’on
se souvient qu’en 2000, alors que les ventes de
disques avaient atteint un niveau historique, les acteurs
de ce secteur regardaient avec dédain Internet.
Le plus fou c’est de voir aujourd’hui le
Logo de Napster s’afficher dans
tous le Midem (sacs, panneau géant…), quand
on sait comment il était traité à
sa naissance…
Qui
aurait prédit ce retournement de situation cinq
années auparavant, avec la place primordiale
que prend Internet au centre de l’industrie musicale
mondiale. Cette dernière part d’ailleurs
du Midem avec un sourire en coin. Car si elle n’arrive
pas à endiguer le téléchargement
illégal, elle empoche d’ors et déjà
des millions avec le téléchargement légal.
En
effet, l’une des grandes annonces de ce Midem
est les formidables bénéfices
provenant du marché de la sonnerie mobile.
Ainsi les producteurs français auraient engrangés
6,6 millions d’euros. Une étude Forrester,
prévoit que les contenus mobiles devraient représenter
8,6 milliards de dollars dans le monde en 2007. Et lorsqu’on
sait que plus de 664 millions de téléphones
mobiles ont été livrés en 2004…
L’autre
élément réjouissant pour l’industrie
de disque semble être l’abonnement
sur Internet. Plutôt que l’achat
au morceau, l’Internaute paye un forfait pour
un accès plus ou moins limité à
un catalogue donné. Par exemple, Rhapsody
de Realnetworks compte à ce jour 600
000 abonnés, qui écoutent en moyenne 250
titres par mois. Avec un forfait autour de 10 euros
par mois, Rhapsody serait déjà rentable.
Alors, l’avenir est-il à l’abonnement
?
Dans
tous les cas, et malgré ce qu’annonce l’IFPI,
la solution semble se porter sur d’autres
modèles payants que ceux existants aujourd’hui.
A
contre courant, le site "lamusiquenapasdeprix.com"
est un exemple très intéressant à
cet égard. D’un concept communautaire,
ce nouveau label propose tous ses titres en téléchargement
libre. C'est à l’internaute de
décider de soutenir ou non les artistes qu'il
a téléchargé, soit en
achetant le disque soit en faisant un don.
L’industrie
du disque semble ne pas avoir le choix : il
lui faut ranger le vieux CD à 15 euros dans un
tiroir, oublier les schémas économiques
actuels et penser autrement. Les nouvelles
technologies (CD plus, DVD audio, SACD…) offriront
peut-être une alternative à la dématérialisation
du support musical. Néanmoins, une chose sur
laquelle tout le mode est d’accord : l’avenir
du produit musical est sur Internet. Evident
? Qui aurait dit cela il y a seulement cinq ans.
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