Mardi
1er mars 2005
I
have a Dream...
Mac Donald’s rêve que l’ensemble
des population de la planète mange son fast food,
Coca-cola que tout les verres soient
remplis de ses marques et Microsoft
que tous les ordinateurs fonctionnent sous Windows…
C’est certainement la logique implacable du libéralisme
qui veut qu’une entreprise rêve
de dominer le monde.
Seulement
le monde n’est pas encore une seule entité.
La mondialisation n’a toujours pas accompli son
objectif final : uniformiser la planète. Uniformisation
évidemment calquée sur le model américain.
Ce
rêve se réalise peu à peu depuis
la chute du mur de Berlin et du bloc de l’Est,
les Etats-Unis se retrouvant avec une puissance économique,
technologique et culturelle sans précédent.
Ainsi, l’ensemble des grandes entreprises américaines
rêve de dominer le monde, pour la simple raison
qu’elles en aperçoivent la possibilité.
Or
ce rêve est de plus en plus brouillé par
un autre, celui de la Chine. Un rêve
que l’on aurait dit impossible à réaliser
il y a seulement 20 ans. Celui d’un de la
création d’un autre bloc économique
et technologique. Une véritable communauté
recentrée sur l’Asie avec un centre de
gravité situé entre Pékin et HongKong.
Avec comme base arrière des pays à fort
taux de rendement, comme la Malaisie, la Chine développe
littéralement sa propre technologie.
Déjà
en septembre 2003, Microsoft s’inquiétait
du projet "système Open Source asiatique"
annoncé par les gouvernements japonais, chinois
et taiwanais. Dans les mois qui suivirent, la Chine
affichait sa volonté de na pas dépendre
d’une seule technologie, présentant Linux
comme une réponse crédible à sa
volonté d’indépendance.
La
Chine développe alors un subtile cocktail d’alliance
avec les puissances économiques étrangères
: "Vous voulez profiter de notre marché
? Apportez nous vos technologies mais en respectant
nos règles".
Le
Wi-Fi en est un exemple frappant. La
Chine a carrément imposé son propre algorithme
de cryptage (1), le fabricants étrangers
étant dans l’obligation de suivre, ou de
perdre un marché évalué à
plus de 250 millions de dollars pour seulement l’année
2005.
Autre
exemple, celui du développement d’un "Linux
made in China". Ainsi en octobre 2003,
la Chine a signé en grandes pompes avec Jacques
Chirac lui-même, une série de contrats
commerciaux d’un montant évalué
à plus 4 milliards d’euros. Y était
intégré un accord avec le CEA
afin que les chercheurs français supportent le
développement de plates-formes informatiques
open source chinoises.
En
ressort aujourd’hui le très national "Red
Flag Linux" édité par la
société Red Flag Software, société
soutenue par le gouvernement de Pékin, et qui
a rejoint en janvier dernier le consortium Open
Source Development Labs (2).
Maîtriser
les développements de son OS, c’est bien.
Maîtriser la production des ordinateurs sur lesquels
il sera installer c’est mieux… Ainsi, en
décembre dernier, IBM a cédé
toute son activité PC en Chine à Lenovo.
Reprenant un chiffre d’affaire de 11 milliards
de dollars (12% du CA annuel d'IBM), ce groupe chinois
devient ainsi le 3ème constructeur mondial
d’ordinateurs.
Après
les PC… au tour des gros systèmes ! Dans
les semaines qui suivirent, IBM a annoncé
un accord avec Great Wall Technology, premier
concurrent de Lenovo, afin de lui déléguer
la fabrication des serveurs.
Dernier
exemple en date, le 25 février dernier, le
ministère chinois de l'Industrie de l'information
(MII) a officiellement choisi comme format de DVD, l’EDV.
Développé par le consortium chinois E-world
Digital Technology, composé de dix industriels
et d'organismes gouvernementaux, ce standard de disque
vidéo numérique équipera tous les
équipements électroniques du territoire.
Comme
nous l’avions précisé plus haut,
toute technologie étrangère est la bienvenue
tant qu’elle intègre les choix nationaux
chinois. EDV l’illustre parfaitement, car cette
technologie s’est développée avec
la collaboration de l’entreprise américaine
"On2 technologies", qui est
à l’origine du codec de compression audio/vidéo
VP6, qui représente le cœur de l'EDV.
D'ici
la fin 2005, le pays devrait produire environ 10
millions de lecteurs EDV et 200 millions de disques…
les ayants droit du format de compression Mpeg-2, présent
dans les DVD classiques, doivent s’en mordre les
doigts…
Les
exemples risquent bien de se multiplier. Le
rêve que font certains d’une mondialisation
à l’Américaine semble bien être
mis à rude épreuve. Mais peut-être
que la naissance de ce nouveau bloc asiatique capable
de rivaliser avec le bloc occidental, est salvateur.
Deux
camps qui s’affrontent et se complètent
ne peuvent que générer un équilibre.
Tout est question d’harmonie, même en économie.
(1)
norme WAPI - Elaborée par le China Broadband
Wireless Internet Protocol Standards (BWIPS) –
normes occidentales : WPA (Wi-Fi Protected Access) et
802.11i.
(2)
OSDL : l'employeur de Linus Torvalds, père du
noyau ("kernel") Linux.
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