Mardi
02 novembre 2004
Carte
Bancaire : peu de fraude en
ligne, si peu
D’après l'Observatoire de la sécurité
des cartes de paiement (1), la fraude à
la carte bancaire a augmenté de 11% en 2003
pour représenter prés de 274 millions
d’euros. Le premier coupable qui vient à
l’esprit est bien sûr Internet.
L’augmentation
de l’équipement des Français, et
la multiplication des achats en ligne devraient naturellement
déboucher sur une augmentations de la fraude
à la carte bancaire.
Détrompons-nous,
car d’autres chiffres démontrent le contraire.
Internet serait le dernier lieu de la fraude
à la Carte Bancaire.
Ainsi,
le Groupement des Cartes bancaires annonce que seulement
1% des ventes en France sont réalisées
à distance au travers d’Internet.
La Carte Bancaire ne serait utilisée que dans
80% des cas. Les 20% restants se partageant entre le
chèque, qui garde la tête haute avec 15%
des transactions, et des solutions internes au sites
Web (exemple : La boutique de Wanadoo déduit
l’achat directement sur la facture de téléphone).
Autre
donnée, la Fia-Net (2) avec ses 761 sites partenaires
évalue la baisse des fraudes à
40%: 1 611 sinistres déclarés
pour seulement 700 mille euros (2002 : 2 664 fraudes
pour 1,6 millions). Le coût moyen de la fraude
serait passé quant à lui de 612 à
437 euros.
Ces
progrès proviennent d’une part des ajouts
de sécurité sur les sites marchands
(pages sécurisées, demande du cryptogramme
au dos de la carte bancaire…), et d’autre
part, d’une procédure de vente
de plus en plus vigilante (vérification
des données clients, nombre d’achats, existence
effective du numéro de téléphone
fixe, recherche sur le numéro de téléphone
mobile pour savoir s’il a été volé…).
Pour
conclure et tuer le mythe de la fraude en ligne à
la Carte Bancaire, il suffit de rappeler que
la véritable victime de la fraude est le site
marchand et non l’Internaute.
Ainsi
par simple lettre recommandée envoyée
à sa banque et ceci dans un délai de 70
jours, un Internaute peut s’opposer à
un retrait par carte bancaire qui a été
effectué sur son compte dans le cadre d’une
transaction sur Internet. La banque est alors
obligée de rembourser le client sur
le montant éventuel de l’achat ainsi que
les frais d’opposition et de renouvellement de
la carte bancaire (loi sur la sécurité
quotidienne - novembre 2001).
Mais
la Banque n’en reste pas là. Afin de rembourser
le client, c’est le compte du site marchand
qu’elle débite… on reconnaît
bien là le pragmatisme des établissements
financiers.
Il
semble donc qu’il faille beaucoup plus se
méfier de la manière dont nous utilisons
une carte bancaire dans la vie de tous les jours
(distributeurs de billets, marchands, restaurants…)
que sur Internet. Pour autant l’image de la fraude
en ligne va certainement persister: quand un mythe a
la dent dure…
(1) Observatoire de la sécurité des cartes
de paiement (observatoire-cartes.fr).
Créé een 2001 et composé d’un
député, d’un sénateur, de
8 représentants d’administrations, su gouverneur
de la Banque de France, du secrétaire général
de la Commission Bancaire, 10 représentants des
émetteurs de cartes de paiement, 5 représentants
du Conseil national de la consommation, 5 représentants
des commerçants et 3 personnalités qualifiés
en raison de leurs compétences.
(2)
Fia-Net : Française Interprofessionnelle d’Assurance.
Société spécialisée dans
les risques d’assurance et la sécurisation
des achats sur le Web (fia-net.com).
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