Mercredi
25 mai 2005
Cinéma
: le tout numérique
Star Wars III est un événement
pour beaucoup de fans. Les paillettes de Cannes ont
été l’occasion d’officialiser
un autre événement qui est à lui
seul un tournant historique. En effet, le film
édité en pellicule 35 mm va bientôt
disparaître au profit du support numérique.
Pionnier
en la matière, George Lucas
avait déjà réalisé une projection
numérique en 2002 à Cannes, pour l’épisode
II de sa saga. Mais cette année, il n’était
pas le seul dans ce cas : une vingtaine de films, dont
"Sin City", ou encore "The
Power of nightmares" " ont également
été projetés en numérique.
Concrètement
comment cela se passe ? Un projecteur numérique
(DLP de Texas Instrument ) est raccordé à
un serveur qui diffuse le film à partir
d’un disque dur. Cette technologie va
permettre la distribution des œuvres cinématographiques
vers les salles via un réseau (fibre optique…),
voire par satellite.
Même
si le prix d’un projecteur numérique est
aujourd’hui plutôt élevé (1),
la haute rentabilité de la distribution
numérique est évidente. Le coût
des copies pellicules est tel que ce nouveau modèle
économique annonces de grandes économies
dans le secteur de la distribution de films.
Le
secteur du cinéma indépendant va également
y trouver son compte. Des films à petits
budgets comme "The Blair Witch Project" n’auraient
jamais pu trouver leur public sans l’avènement
de la vidéo numérique et son accessibilité
à faible coût.
La
réalisation et la production devenant plus accessible,
restait jusqu'alors une difficulté de poids :
être diffusé en salle. Le numérique
devrait grandement participer à la résolution
de ce problème. Le rempart financier
que représente encore les coûts de distribution
va bientôt tomber : budgétairement
parlant, une copie sur disque dur n’a rien à
voir avec une copie sur pellicule.
Le
point de vue artistique penche également pour
le numérique. Nombre d’auteurs se sont
révoltés contre la mauvaise qualité
de certaines copies, et le rendu peu fiable qu'elles
présentaient. La copie numérique
promet de garder intact l’œuvre originale.
Pour
les films à plus gros budget, on peut ajouter
que pour les effets spéciaux, le cinéma
numérique offre une perdition nulle des rendus
numériques. Ceci est loin d’être
négligeable lorsqu’on parle de cinéma
grand public.
Tout
pousse donc au cinéma tout numérique.
Reste que les salles doivent s’équiper.
Mais on sait également à quel point le
coût des nouvelles technologies chutent rapidement
: le prix d’acquisition d’un projecteur
numérique baissera rapidement et entraînera
avec lui une accélération de l’équipement
des salles qui se promet d’être vertigineuse.
D’ores
et déjà, sur les 160.000 salles
dans le monde, 1.000 devraient l’être à
la fin 2005. Quant on vous dit que cela va
venir vite, très vite.
(1) Il faut compter environ 70.000 euros pour le projecteur
plus 15.000 euros pour le serveur, au lieu de 35.000
euro de pour un équipement traditionnel.
Voir aussi :
Photo, la fin de l'argentique ?
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