Jeudi
05 août 2004
Egg,
Prudential garde son œuf
C’est l’histoire d’une compagnie
d’assurances britannique, Prudential
la bien nommée. Elle monte Egg,
une « banque » en ligne dont le fond de
commerce est une carte de crédit dite «
cash back ».
Vous
savez, c’est quand on vous dit que 5% de vos achats
vous sont remboursés, et lorsque vous avez acheté
votre Ferrari on vous explique qu’on ne peut vous
rembourser qu’à hauteur de 900 euros (voire
clause II, alinéa b…).
Toujours
est-il que la carte « Egg » fait un carton
au pays des fish and chips : 1er semestre 2004 bénéfice
de 52 millions d’euros.
Une
autre histoire est celle de la désastreuse aventure
de « ZeBank », dont s’était
débarrassé Europ@web, (Bernard Arnault)
après que la banque aie brûlé plus
de 170 millions d’euros. Egg la rachète
pour un "petit" 5 millions d’euros en
janvier 2002, et décide d’appliquer sa
recette pleine de sauce à la menthe au pays du
steak frites.
Et
là rien ne va plus. Parce que chez les frenchies
il y a des règles : les affiches publicitaires
Egg sont retirées pour message mensonger, et
les publicités télévisées
sont carrément censurées. Le français
a la mauvaise habitude de s’informer et de critiquer.
Il n’accroche pas du tout sur l’offre Egg
qui sent l’arnaque à plein nez.
Résultat,
1er semestre 2004 : Egg France affiche une perte
de 48 millions. ce qui fait que l'ensemble
du groupe se retrouve en difficulté: perte avant
impôts de 6 millions d’euros. Du coup, Egg
France ferme en juillet 2004 en laissant sur
le carreau 450 employés et 130 000 clients.
Bien sûr « tout sera fait pour reclasser
les employés, et les engagements seront tenus
auprès des clients » : on connaît
le blabla habituel de la communication de crise.
Alors
évidemment, Potential voudrait se débarrasser
de cet œuf pourri, qui représente à
lui seul plus de 300 millions d’euros
d’investissements. Il propose de céder
sa participation de 79% dans la banque en ligne pour
un peu plus de 2 milliards d’euros.
Un peu cher non ? Surtout que la valeur d’Egg
s’est considérablement détériorée
depuis six mois.
"Stop
à l’arnaque", doivent se dire les
investisseurs. Du coup, plus de repreneurs à
l’horizon, du moins à ce prix là.
La pauvre compagnie d’assurances britannique est
obligée de garder son œuf qui n’est
plus très frais.
La
poule Prudential va donc devoir couver son Egg un peu
plus longtemps. Et sait-on jamais, Egg deviendra peut-être
un jour un œuf en or. Car, ne l’oublions
pas, tout est possible au monde magique de l’Internet.
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