Mercredi
13 octobre 2004
Grouper,
le P2P en cercle fermé
La répression contre les utilisateurs malintentionnés
du Peer to Peer (P2P) fait
rage. A grand renfort médiatique, la SCPP
et la SNEP* annoncent froidement 700
procédures judiciaires en Europe, dont
50 en France. 25 de ces personnes auraient déjà
eu la visite matinale d’équipes policières
spécialisées dans ce domaine (étude
des disques durs, recherche de preuves d’échanges
illégaux…).
Les
représentants des maisons de disques sont fiers
d’annoncer que de telles actions ont permis une
baisse des échanges de fichiers musicaux de plus
de 30 % (chiffres IFPI)*. Kazaa aurait
perdu 41% d'utilisateurs en un an.
La
nouvelle question devient : où sont passés
ces utilisateurs ?
Première
option : ils abandonnent totalement le P2P.
Deuxième option : ils passent
à des outils beaucoup moins en vue que Kazaa
(Bittorent, News groups…). Troisième
option : ils se créent un réseau
privé entre amis.
La
première option devrait satisfaire totalement
les anti P2P. La deuxième n’est qu’une
question de temps avant que ces outils soient eux-mêmes
réprimés. Quant à la troisième,
elle a de quoi donner des sueurs froides aux industries
de musique et de films.
Il
suffit d’imaginer une multitude de paquets
autonomes sur Internet, qui s’échangent
tout type de fichiers en cercles fermés. Ces
mini réseaux pourraient être sécurisés,
et du coup très difficiles d’accès
sans y être invité. Dans ce cas, allez
donc savoir ce qui s’y passe.
Evidemment,
pour que cela fonction, il faudrait un outil. Ce dernier
devrait être aussi facile d’utilisation
qu’un Kazaa. Et bien, c’est exactement ce
que Grouper Networks propose. Cette
société a développé un soft
nommé "Grouper" qui
détient justement toutes ces fonctionnalité.
Jusqu’à
30 personnes peuvent se connecter entre elles.
Un groupe, des amis, une famille, peuvent créer
leur mini réseau P2P et s’échanger
tout type de fichiers à partir de leurs
disques dur. De plus la version beta de Grouper
est gratuite. Ses futurs versions seront gratuites
pour les fonctions de base et payante pour les fonctions
avancées. D’après le site grouper.com,
Grouper ne comporte aucun spyware ou adware,
ce qui est un plus non négligeable.
Vue
l’ambiance actuelle et afin d’éviter
les foudres des adversaires du P2P, Grouper
ne permet de transmettre les fichiers sons qu’en
streaming**. Néanmoins, des outils faciles
d’utilisation existent déjà pour
enregistrer du son à la volée.
D’autre
part il est à la portée de n’importe
qui de changer l’extension d’un
fichier et de le faire passer, par exemple,
d’un fichier son à un fichier texte, et
vice versa. Il suffit de transférer un «
.mp3.txt » avec Grouper qui devrait n’y
voir que du feu. Il suffit au destinataire de modifier
le « .mp3.txt » en « .mp3 »,
et le tour est joué.
Grouper
n’est qu’un exemple des nouvelles possibilités
du P2P. La répression n’empêchera
pas d’une part à cette technologie d’exister
et d’autre part aux Internautes de l’utiliser.
On ne devrait assister qu’à un
transfert de population d’un outil à un
autre. Sauf évidemment, pour les quelques
condamnés qui serviront d’exemple en prison.
*
Signification des sigles
SCPP : Société civile des producteurs
phonographiques (scpp.fr)
SNEP : Syndicat national de l’édition phonographique
IFPI : Fédération internationale de l’industrie
phonographique
**
Streaming : « Diffusion de contenu audio ou vidéo
en continu, au fur et à mesure du téléchargement
du fichier. » (Définition donnée
par l’encyclopédie du Journal du Net -
journaldunet.com).
Voir
aussi :
P2P, la contre attaque
P2p, que le meilleur gagne
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