Samedi
23 avril 2005
Internet
: le boum financier
Après l’éclatement de la bulle Internet
en 2000, l’avenir financier du réseau des
réseaux était plus qu’incertain.
A l’époque, peu étaient ceux qui
croyaient encore aux modèles économiques
sur lesquels il se basait.
A
peine cinq années plus tard, c'est-à-dire
très peu de temps après, les résultats
financiers des piliers du Net sont époustouflants.
Google
le premier. Après une fin d’année
2004 affichant des bénéfices records
(204,1 millions de dollars, soit sept fois plus qu’en
2003), et une entrée en bourse en août
réussie, le leader des moteurs de recherche
présente un premier trimestre 2005 remarquable
: ses recettes se montent d’ors et déjà
à 657 millions de dollars, soit une augmentation
de 116% par rapport à 2004.
On
comprend mieux pourquoi les trois dirigeants
de Google ont décidé de ne percevoir qu'un
dollar de salaire symbolique pour l'année
2005…
Selon
des documents officiels de la SEC, le gendarme des opérations
boursières américaines, Sergey
Brin et Larry Page ont chacun vendu environ 1,6 million
de titres depuis le mois d'août. De quoi
remplir les poches et confirmer leur classement Forbes
à la 43ème place des américains
les plus riches, avec plus de 4 milliards de dollars
de fortune estimée chacun.
Yahoo
ensuite, qui vient de doubler son bénéfice
net au premier trimestre 2005, avec 205 millions
de dollars, pour un chiffre d'affaires total de 1,2
milliard de dollars.
Il
s’inscrit ainsi dans la ligne droite de
ses résultats 2004 qui étaient déjà
exceptionnels : grâce à la publicité
en ligne et aux ventes d'actions Google, les revenus
du portail le plus célèbre du Net dépassaient
les 3,5 milliards de dollars (en progression de 120
% par rapport à 2003). Plus spectaculaire, le
bénéfice net a fait un bond de plus de
250 % sur douze mois (840 millions de dollars
à fin 2004).
Autre
exemple, mais cette fois-ci dans le e-commerce : EBay.
Le groupe d'enchères en ligne obtient des
résultats en forte progression sur le premier
trimestre 2005 : son bénéfice
net est en hausse de 28%, pour atteindre 256,3 millions
d'euros. Son chiffre d'affaires dépasse pour
la première fois le milliard de dollars sur un
trimestre, ce qui représente une augmentation
de 36% par rapport à la même période
en 2004.
Les
fournisseurs d’accès se portent également
très bien. Iliad, maison mère
de Free, a annoncé un résultat
net de 40,8 millions d'euros 2004 en hausse de 20,5
%. Elle prévoit 1,5 million d'abonnés
ADSL et un cash flow positif en 2005. L'opérateur
Neuf Telecom pour sa part obtient des résultats
dopés par l'ADSL avec chiffre d'affaires
de 1,17 milliard d'euros en 2004.
Les
retombés de l’Internet sur les résultats
des plus grosses entreprises, dont ce n’est
pourtant pas l’activité principale, se
font lourdement ressentir.
Les
résultats d’Apple sont
par exemple remarquables à cet égard.
Car si le commerce d’ordinateurs est toujours
en bonne santé, ce sont les ventes d'iPods
qui ont littéralement explosés.
En un an elles ont connu une croissance de 558%
avec 5,31 millions d'unités vendues.
Et
on ne peut dissocier ce succès du formidable
engouement qu’a connu la géniale plateforme
de téléchargement iTune
(Le cap du 100 millionième titre téléchargé
a été franchi en juillet 2004). Cette
performance permet à Apple d'enregistrer un bénéfice
net de 290 millions sur le seul premier trimestre 2005.
Son chiffre d'affaires a bondi de 70% par rapport
au précédent trimestre, pour
atteindre 3,24 milliards de dollars.
Toujours
en terme de retombés, le cas de la SNCF
est tout aussi remarquable. La vieille maison des trains
français a su prendre le tournant numérique
à temps. Voyages-sncf.com est devenu
la locomotive des sites d'e-tourisme français.
L'agence de voyages en ligne a réalisé
un volume d'affaires de 784 millions d'euros en 2004,
en hausse de 71 % sur un an. Désormais, le
site représente 12,2 % du volume d'affaires de
la SNCF (7,5 % en 2003 et 5,7 % en 2002). En
tout, ce sont plus de 16 millions de billets
de train qui ont été vendus en ligne.
Enfin,
il n’est pas possible de parler de résultats
financiers sans parler de ceux de Microsoft.
Il suffit de rappeler que le géant de Redmond
a versé un record historique de dividendes
en 2004 : 32 milliards de dollars. C’est
la première fois qu’une entreprise américaine
verse une telle somme en seule fois. Et encore une fois
Internet n’y est pas étranger : comment
dissocier le boum Informatique du Boum Internet ?
Tous
ces exemples sont autant de clignotants verts. Le plus
frappant est l’intégration du réseau
des réseaux au cœur même des échanges
de produits et des flux financiers. De telles
locomotives financières montrent à quel
point Internet est en bonne santé économique.
Et quand l’argent va…
Voir aussi :
E-Pub : enfin la mine d'or
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