Vendredi
15 octobre 2004
Linux
à Paris, pas si vite
Paris va-t-il passer au tout Linux comme Munich
? Où va-t-il continuer à profiter
des offres Microsoft ? Beaucoup
attendaient une réponse mardi, après une
réunion à huis clos d’une vingtaine
d’élus du Conseil de Paris.
Cette
réunion devait permettre d’étudier
les tenants et les aboutissants d’une étude
Unilog. Elle concerne l’éventualité
de la conversion des 15.000 ordinateurs de la
ville aux logiciels libres.
Du
résultat de cette réunion, on ne sait
que peu de choses. "Cette étude apporte
des éléments d’éclairage
sans bien sûr engager la Ville"
Cette déclaration de l’adjoint au Maire
François Dagnaud ne nous apporte pas beaucoup
de lumière… Discrétion désirée
par la Mairie qui se veut d’une grande
prudence sur le sujet.
Néanmoins,
nous commençons à mieux comprendre lorsque
l’adjoint au Maire ajoute : "le scénario
d’une migration massive à court
terme vers le libre apparaît incompatible
avec l’état d’origine du parc et
du système". Mais cela se complique lorsqu’il
finit par : "la Ville entend se doter des moyens
d’assurer la maîtrise de son développement
et de tendre vers une indépendance toujours
plus grande par rapport à ses fournisseurs
"…
Alors,
Linux ou pas Linux ? La réponse semble être
: "ni oui, ni non… enfin, pas tout
de suite".
Le
cas de Paris est d’un grand enseignement. Faire
un choix aussi définitif que Munich est loin
d’être facile. Les contraintes d’une
ville comme Paris sont énormes. Face
à ses fournisseurs informatiques, ce grand client
doit moderniser son parc hardware, ne pas être
en retard sur le software, respecter les règles
d'homogénéisation entre ses 15 000 postes,
ne pas perdre de vue l’aspect budgétaire*,
et gérer son image autour du débat Microsoft
/ Open Source.
Pour
la mairie de Paris, choisir radicalement Linux
maintenant pourrait mettre en péril la qualité
du service, l’organisation interne, l’équilibre
budgétaire et son indépendance vis-à-vis
de ses fournisseurs. De plus, il n’est
pas aisé de prendre une décision tout
Open Source lorsque le géant de Redmond vous
fait des offres alléchantes.
L’évolution
de la présence de Linux à Paris est pleine
d’enseignements à bien des égards.
Elle peut décider ou non d’autres villes
de suivre le pas, que ce soit en France ou en Europe.
Car la question devient hautement stratégique,
et nombreux sont ceux qui pèsent le pour et le
contre. Microsoft l’a bien réalisé
et ne lâche pas le morceau**.
Gardons donc un œil curieux sur l’avancé
du pingouin rebelle dans la capitale.
*
le journal "Libération" aurait avancé
le chiffre de 57 millions d'euros sur cinq ans.
**en juin 2004 Microsoft aurait proposé à
la ville de Paris des baisses de tarif allant jusqu’à
60%
Voir
aussi :
Microsoft casse ses prix
Linux, pas fous ces ricains
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