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Jaboin Conseils. Services Internet: Info - Sitecide. Lundi 06 décembre 2004.
   


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Lundi 06 décembre 2004

SitecideSitecide : le mail tueur de sites


A ucun mot n’existe à ce jour pour définir le meurtre d’un site Internet. Alors, nous l’avons inventé: "Sitecide". Car aujourd’hui, tuer un site c’est possible : il suffit d’envoyer un mail.

C’est ce que vient de prouver "Bits of freedom" (1). Reprenant une expérience similaire effectuée en 2003 (2), l’association hollandaise a piégé 7 fournisseurs d’accés à Internet et autres hébergeurs : Tiscali, Wanadoo, Demon, iFast, Active 24 , Planet Internet et Yourhosting.

Première phase : Bits of freedom publie sur chacun des FAI et hébergeurs un article daté de 1871 du célèbre auteur hollandais "Multatuli" (pseudonyme d' Eduard Douwes Dekker). Ce texte traite de la démocratie finit par cette phrase : « Il est certain que ma raison n’est pas satisfaite par tant de ruses enfantines et criminelles». Il est suivit de la mention : "Ce contenu appartient au domaine public".

Seconde phase : l’association envoie un mail à chaque fournisseur d’accès et hébergeur. A l’entête d’une fausse société (E.D. Dekkers society, soit disant basée à Rotterdam), un ayant droit imaginaire clame être victime d’une violation de ses droits d’auteur. Le signataire de ce courrier électronique, J. Droogleever, est en fait une totale création dérivée du personnage principal de "Max Havelaa", oeuvre majeure de l'écrivain néerlandais.

Toujours plus fort, l’adresse mail du plaignant liée à aucune société, mais une simple adresse Hotmail : johandroogleever@hotmail.com.

L’association avait décidé de ne pas répondre aux tentatives de contact des FAI et hébergeurs vers leur client, afin de laisser ces derniers seuls face à leur décision. En revanche, "l’ayant droit" s’est montré tout à fait déterminé. Le résultat est à la fois surprenant et riche d’enseignement.

Tiscali a été le premier à réagir : page d’accueil remplacée par un avertissement à l’auteur du site sous forme d’une fiche rappelant les "conditions d’utilisation" des services du FAI. Le client avait "48 heures pour retirer le contenu illicite"… client qui ne reçut jamais de véritable réclamation.

Wanadoo ne retira pas la page incriminée directement, mais a prévenu le client de la plainte et lui donna 24 heures pour retirer le texte. Sans nouvelle du client, le FAI oublia de retirer la page. 10 jours plus tard, Droogleever frappa de nouveau, et Wanadoo supprima immédiatement le site.

Il n’a fallu que 3 heures à Yourhosting pour envoyer le site aux oubliettes, prenant les arguments de "l’ayant droit" pour argent comptant, et étant certain de l’infraction. L’hébergeur aurait même rajouté : « Normalement nous ne retirons des pages qu’après avoir reçu une note écrite accompagnée d’une preuve, mais dans ce cas précis nous avons fait une exception ».

Le Directeur administratif de Ifast a, quant à lui, carrément envoyé tous les détails concernant le « client fraudeur » à Droogleever : année de naissance, numéro de téléphone et e-mail perso. La société ne retira pas le site tout de suite. Mais après la menace de poursuites judiciaires si le site n’était pas retiré dans les 12heures, iFast s’éxécuta sans broncher, et ceci dés le lendemain matin.

Active 24 a suivi pour ainsi dire le même chemin, retirant le site au bout de trois jours après la dernière plainte. Planet Internet et Demon, se sont contentés d’envoyer un questionnaire à remplir à l’ayant droit. Bits of freedom le renvoya avec de fausses données, inventant même une adresse postale (Blaak1 in Rotterdam). Cela a suffit amplement pour les convaincre.

Les résultats de cette expérience parlent d’eux-mêmes et se passent de commentaires. On constate ainsi qu’il est très aisé de tuer un site Internet. Alors à vos boites mail : la chasse est ouverte… longue vie au Sitecide.

 

 

 

(1) www.bof.nl - le document : www.bof.nl/docs/researchpaperSANE.pdf

(2) En novembre 2003, trois chercheurs d’Oxford ont publié un texte de 1869 du philosophe économiste Stuart Mill parlant de la liberté. Ils ont ensuite envoyé d’une adresse anonyme hotmail des fausses plaintes de l’imaginaire « John Stuart Mill Heritage Foundation » à deux importants FAI. La page d’accueil fut retirée dans les 24h qui suivirent.

 

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© Olivier Jaboin - Jaboin Conseils

 

 

 

 

 

 

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