Vendredi
19 novembre 2004
Spywares
:
quand une imprimante vous espionne
Alors que le combat contre les Spywares
fait l’unanimité, on découvre que
les imprimantes Lexmark utilisent les mêmes
techniques d’espionnage.
Tous
les utilisateurs du Peer to Peer (Kazaa,
Morpheus, Grokster…) savent que des logiciels
espions (Gator, Cydoor…) y sont directement
intégrés. Real Networks
lui-même s’était fait une mauvaise
publicité en installant ce genre de module avec
son RealPlayer, avant de le retirer rapidement.
Il
faut dire que ce sont des outils très efficaces
en terme de ciblage publicitaire :
les "adwares", contraction d’advertising
spywares, analysent les sites visités par l'internaute
pour afficher des publicités ciblées (pop-up,
bannières...), allant jusqu'à alimenter
des bases de données commerciales.
Aux
Etats-Unis on prend le sujet très au sérieux
l’intrusion grandissante de ces logiciels espions.
Ainsi, les députés de la Chambre
des représentants ont adopté le 5 octobre
dernier le « Spy Act », une loi
qui veut «protéger les internautes contre
toute transmission à leur insu de données
personnelles identifiables à travers des programmes
spyware». Ces procédés seraient
lourdement sanctionnés, allant jusqu’à
3 millions de dollars d’amende.
C’est
alors qu’un acheteur d’une imprimante
de marque Lexmark a découvert avec surprise
qu’un fichier "Lx_CATS" s’était
installé en même temps que les pilotes
de son nouveau périphérique. Après
analyse, il s’agirait d’un module
qui enverrait tous les 30 jours des informations sur
l’utilisation qui est faite de l’imprimante
(1).
Lexmark
affirme qu’aucune donnée personnelle ne
lui sont transmises. En particulier sur l’utilisation
de cartouches d’encre non propriétaires…
Néanmoins, l’imprimante donne son numéro
de série, qui est lui rattaché à
la garantie sur laquelle est indiqué l’identité
du client…
Lexmark
a beau se défendre, les messages que ce client
mécontent a laissé sur un des groupes
de discussion Usenet dédié au milieu de
l'impression (2) a déjà fait des ravages.
Le problème ici n’est pas le logiciel
de sondage en lui-même.
En
effet toutes les grandes marques d’imprimantes
sondent leurs clientèles afin d’améliorer
leurs services. Ainsi Hewlett-Packard installe
le même genre de soft, mais uniquement après
accord du client. Epson et Canon quant à eux
préfèrent le volontariat on-line avec
des questionnaires électroniques sur leurs sites
respectifs.
Ce
qui pose problème est que Lexmark installe
par défaut le logiciel incriminé.
Une case serait précochée, et ce serait
à l’utilisateur de désactiver cette
option… mais a-t-il bien conscience de ce qu’il
fait en la laissant valide ?
La
question de la confiance entre une marque et
son client est fondamentale pour l’avenir
de cette marque. Tout client est choqué lorsqu’il
découvre être trompé. Lexmark
risque de payer cher sa technique de sondage client…
et a certainement vite intérêt à
redresser la barre.
(1)
Les données envoyées seraient : date d'installation
du produit, nombre de pages imprimées, quantité
d'encre consommée, type de papier et logiciels
utilisés, emploi du dispositif d'alimentation
automatique, les boutons du panneau de commandes, type
de processeur, la quantité de mémoire
vive, la capacité du disque dur, les nom, version
et paramètres linguistiques de l'OS.
(2)
comp.periphs.printers
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