Vendredi
1er avril 2005
Station
Ripper ,
le téléchargement drôlement
légal
Mardi dernier, la cour d’appel des Etats-Unis
a ouvert le procès du P2P. Une bonne
trentaine de représentants de disques et studios
d’Hollywood affrontent une nouvelle fois Morpheus
et Grokster. C’est la suite d’une
procédure judiciaire qui dure depuis 2001, sachant
que les accusés ont jusqu’ici gagné
chaque étape.
L’argument
de l’industrie musicale est maintenant bien connue
: si elle a perdue 25% de son chiffre d’affaire
c’est à cause du P2P. La défense
rétorque que l’outil n’est pas responsable
de son utilisation, et utilise la jurisprudence "Sony-Betamax"
en support.
Cette
stratégie consiste à prendre comme référence
le jugement rendu en 1984 dans lequel Sony avait
gagné face aux studios Universal qui
voulaient interdire le magnétoscope, source de
piratages futurs. Imaginons juste un instant que la
décision inverse ait été prise,
ayant pour conséquence la non existence de toute
l’économie développée autour
du magnétoscope… de quoi apporter de l’eau
aux moulins des pro-p2p.
Chose
amusante : Sony se trouve aujourd’hui
du coté des plaignants, ayant racheté
Metro Goldwyn Mayer en 2004, et du coup se retrouve
à combattre sa propre victoire qui date d’une
vingtaine d’années.
Mais
il semble que les éléments amusants concernant
la bataille du téléchargement sur Internet
ne cessent de pointer leurs nez. Dans le contexte de
ce procés historique, la bonne blague
de ce mois d’avril 2005 pourrait être un
petit soft qui fait de plus en plus parler de lui :
Station Ripper.
Souvenons-nous
de notre enfance, lorsque nous mettions une cassette
audio dans un radio-cassette et que nous enregistrions
maladroitement nos morceaux préférés
à la radio… Et bien, c’est exactement
ce que permet de faire ce shareware,
mais cette fois-ci ce sont les morceaux musicaux
des Radios Internet qui sont enregistré automatiquement
et numériquement.
En
édition gratuite, il permet d’enregistrer
simultanément deux Web Radios, en version payante
le nombre de radios est illimité. Pour donner
une idée, avec seulement deux radios,
il est possible de télécharger plus de
200 morceaux en une seule journée.
On
imagine déjà la levée de boucliers
des industriels de la musique criant au scandale face
à ce nouvel outil de téléchargement
illégal. Mais cette fois-ci on n’entendra
rien : car c’est légal.
Oui, Station Ripper permet de télécharger
des mp3 dans un cadre juridique totalement défini.
En
effet, le SNEP (Syndicat national des
éditeurs phonographiques) considère cet
outil totalement légal. La loi française
autorise le droit à la copie privée
et autorise qui que ce soit de copier de la musique
diffusée à la radio, tant que cela
reste du domaine privé. Ce qui représente
tout de même une très large utilisation
du P2P.
Ainsi,
l’industrie de disque est face à un outil
inattaquable et qui pourtant, au bout du compte arrive
au même résultat que les outils
P2P. A la différence prés que
l’utilisateur de Station Ripper est dépendant
du programme musical des radios choisis et ne peut pas
chercher des titres par mots clés. Mais là
encore, cela correspond à une utilisation courante
du P2P où l’internaute part à
la pêche pour trouver de nouveaux morceaux.
Chaque
jour confirme que le téléchargement
sur Internet est un monstre à plusieurs têtes.
Coupez en une, plusieurs nouvelles apparaissent.
Station Ripper en est un nouvel exemple. L’industrie
du disque n’a plus qu’à serrer des
dents.
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